Startups Neuchâtel : les jeunes pousses qui font briller le canton en 2026
On connaît Neuchâtel pour son lac, son vin, ses torrées et ses horlogers. Mais derrière les façades jaunes de la ville se cache aussi l’un des écosystèmes d’innovation les plus denses de Suisse. Les startups Neuchâtel ont collectionné les prix et les levées de fonds ces derniers mois : un capteur qui « voit » la lumière photon par photon, un bracelet qui mesure la tension en continu, une fonderie de puces photoniques unique au monde, ou encore un engrais qui redonne vie aux sols. Voici notre tour d’horizon des jeunes pousses à connaître, de ce qu’elles font, des récompenses qu’elles ont décrochées et de l’état général de la scène neuchâteloise à la fin de l’année 2026.

Pourquoi Neuchâtel est un terreau à startups
Il n’y a pas de hasard. Le savoir-faire horloger a laissé au canton une culture de la précision et de la miniaturisation, et cette culture s’est transformée en microtechnique, puis en photonique, en capteurs et en dispositifs médicaux. Quatre piliers expliquent pourquoi tant de startups naissent ici plutôt qu’ailleurs.
Le CSEM, l’usine à spin-off
Le Centre suisse d’électronique et de microtechnique (CSEM) a son siège à Neuchâtel et emploie plus de 650 personnes à travers la Suisse. C’est un centre de recherche appliquée dont la mission est de transférer la technologie vers l’industrie. Concrètement, beaucoup de technologies développées dans ses laboratoires finissent par devenir des entreprises : Hilo (ex-Aktiia), CCRAFT ou Actival, trois des noms que vous retrouverez plus bas, en sont issues. Le canton a d’ailleurs lancé en 2025 sa propre version d’un « Chip Act » en accordant 3 millions de francs au CSEM pour moderniser sa ligne de production de MEMS, ces microsystèmes électromécaniques présents dans nos téléphones et nos voitures.
Microcity, le campus qui rassemble tout le monde
Au bord de la rue de la Maladière, le bâtiment Microcity abrite l’antenne neuchâteloise de l’EPFL et sert de pôle d’innovation pour le canton. On y compte environ 600 chercheurs répartis dans une douzaine de laboratoires. Son programme d’incubation prolonge le travail de Neode, le parc scientifique créé en 2003, qui avait déjà accompagné une cinquantaine de startups. Des laboratoires dédiés aux sciences de la vie devaient ouvrir à Microcity à l’été 2026, ce qui élargit encore le terrain de jeu au-delà de la microtechnique. Plusieurs pépites présentées ici, comme NovoViz ou Cassio-P, sont nées dans les laboratoires de l’EPFL à Neuchâtel.
L’Université et la HE-Arc
L’Université de Neuchâtel et la Haute École Arc complètent le tableau, avec des chercheurs, des étudiants et des compétences en gestion de l’innovation, en droit ou en ingénierie. On retrouve leurs professeurs dans les jurys et les comités qui accompagnent les jeunes entreprises.
Un canton qui soutient activement
Selon le bilan présenté par le service de l’économie (NECO) en juin 2026, le canton a soutenu 38 startups entre 2022 et 2025 et a vu 56 nouvelles sociétés s’implanter sur son territoire durant la même période. Les montants ne sont pas ceux de Zurich, mais l’accompagnement est de proximité, et c’est souvent ce qui fait la différence dans les premières années. Si vous lancez votre propre projet, commencez peut-être par un poste dans l’un des espaces de coworking de Neuchâtel : c’est là que se croisent beaucoup de fondateurs.

Les prix qui comptent pour les startups neuchâteloises
Avant de passer aux entreprises, un petit lexique des distinctions qui reviennent sans cesse quand on parle de startups à Neuchâtel. Elles servent de boussole : quand une jeune pousse en décroche une, c’est souvent le signe qu’elle a convaincu des investisseurs et des experts exigeants.
- Prix BCN Innovation : créé en 2008 par la Banque Cantonale Neuchâteloise, c’est LE prix du canton. Le lauréat reçoit 150 000 francs en espèces, et chaque finaliste repart avec 10 000 francs. En 2026, 23 dossiers avaient été déposés pour la 17e édition.
- Prix BCN Boost : la petite sœur du Prix Innovation, destinée aux jeunes porteurs de projets. Le lauréat empoche 10 000 francs.
- Top100 Swiss Startup Award : chaque année depuis 2011, un jury de 100 investisseurs et experts classe les 100 startups suisses les plus prometteuses. Y figurer est un sésame pour lever des fonds.
- >>venture>> : le plus ancien concours de startups de Suisse (depuis 1997), qui récompense des lauréats par catégorie, puis un grand prix.
- Venture Kick et Venture Leaders : des programmes qui offrent de l’argent d’amorçage et des roadshows à l’étranger, notamment dans la Silicon Valley.
Startups Neuchâtel : les jeunes pousses à connaître fin 2026
Notre sélection mélange une scale-up déjà bien installée et des jeunes pousses qui viennent de décrocher les distinctions les plus en vue. L’ordre ne constitue pas un classement : chaque entreprise est à un stade différent de son développement.
1. Hilo (ex-Aktiia) : la tension artérielle mesurée au poignet
Ce qu’elle fait. Fondée en 2018 à Neuchâtel par Josep Solà et Mattia Bertschi, Aktiia est une spin-off du CSEM qui a développé une technologie optique pour mesurer la pression artérielle sans brassard. Un capteur au poignet analyse les variations du flux sanguin grâce à la lumière, et des algorithmes en déduisent la tension. Le bracelet effectue environ 30 à 35 mesures par jour, y compris la nuit, ce qui permet de suivre des tendances plutôt que des valeurs isolées prises chez le médecin. En 2025, la société a renommé ses produits sous la marque Hilo.
Ses distinctions et étapes clés. L’année 2025 a été celle de la consécration : une levée de fonds de série B de 42 millions de dollars en mai, menée par Earlybird Health et Wellington Partners, puis en juillet un feu vert historique de la FDA américaine. Le bracelet Hilo est devenu le premier tensiomètre sans brassard autorisé à la vente libre aux États-Unis. Le dispositif est par ailleurs marqué CE comme dispositif médical de classe IIa en Europe.
Où elle en est fin 2026. En juillet 2026, Hilo a bouclé une extension de série B de 19 millions de dollars, avec l’arrivée de DFO Management, le family office de Michael Dell, le fondateur de Dell Technologies. Le total des fonds levés dépasse désormais les 119 millions de dollars. Dans la foulée, la société a lancé aux États-Unis « Hilo Core », un système qui associe bracelet, application et brassard connecté homologué, vendu sur son site et sur Amazon. Selon l’entreprise, la technologie est utilisée par plus de 200 000 personnes et le produit est disponible dans une douzaine de pays. Le siège reste à Neuchâtel, où la société continue de recruter. C’est, de loin, la plus grande success story récente parmi les startups neuchâteloises.

2. CCRAFT : la fonderie de puces photoniques qui intéresse l’IA
Ce qu’elle fait. CCRAFT fabrique des puces photoniques, c’est-à-dire des circuits qui transportent l’information avec de la lumière plutôt qu’avec des électrons. Sa spécialité est le niobate de lithium en couche mince (TFLN, pour thin-film lithium niobate), un matériau qui permet des débits très élevés avec une consommation d’énergie réduite. Ces puces intéressent les centres de données qui font tourner l’intelligence artificielle, les télécommunications, les technologies quantiques et l’aérospatial. La société se présente comme la première fonderie indépendante au monde dédiée à cette technologie, ouverte aux clients qui conçoivent leurs propres puces.
Ses distinctions et étapes clés. La technologie a mûri pendant plus de six ans au CSEM avant la création officielle de la spin-off en avril 2025, sous la direction de Hamed Sattari. CCRAFT a ensuite obtenu le soutien d’Innosuisse pour un projet d’industrialisation de 2,5 millions de francs et a été finaliste du Prix BCN Innovation 2025.
Où elle en est fin 2026. En juillet 2026, CCRAFT a annoncé avoir bouclé un tour de financement de 7,8 millions de dollars (6,3 millions de francs), sursouscrit, mené par QBIT Capital avec notamment la Banque cantonale de Zurich. En ajoutant plus de 3,5 millions de dollars de soutiens publics et cantonaux, l’entreprise dispose de moyens solides pour passer à la production industrielle. L’objectif affiché était d’être prête pour la production en volume à la fin de 2026. Pour comprendre comment une technologie de laboratoire devient une usine, l’histoire de CCRAFT racontée par la promotion économique de Suisse occidentale est un bon point de départ.

3. NovoViz : voir dans le noir, le brouillard et la fumée
Ce qu’elle fait. Fondée en 2024 et dirigée par Andrada Muntean, avec le professeur Edoardo Charbon comme cofondateur, NovoViz est issue du laboratoire AQUA de l’EPFL à Neuchâtel. Elle conçoit des capteurs d’imagerie si sensibles qu’ils détectent chaque particule de lumière (chaque photon) individuellement. Leur particularité : une partie du traitement des données se fait directement sur la puce, ce qui réduit le volume d’informations à transmettre et la complexité des systèmes. L’ambition est de créer un capteur unique couvrant à la fois la lumière visible et l’infrarouge à ondes courtes, pour obtenir des images exploitables dans l’obscurité, la fumée ou le brouillard. Les applications vont de l’inspection industrielle à la sécurité, en passant par la défense et le spatial.
Ses distinctions. 2026 a été une année faste. NovoViz a fait partie de la sélection Venture Leaders Technology, qui emmène chaque année une dizaine de startups suisses dans la Silicon Valley. Elle a grimpé à la 27e place du classement Top100 Swiss Startups 2026, alors qu’elle figurait au 66e rang l’année précédente. Et surtout, le 1er octobre 2026, au Théâtre du Passage, elle a remporté le Prix BCN Innovation et ses 150 000 francs, devant Cassio-P et Solar Loop.
Où elle en est fin 2026. L’équipe reste compacte et la société en est encore à ses premiers tours de financement, avec un tour d’amorçage en préparation selon ses propres déclarations de 2025. Le prix cantonal et la visibilité du Top100 tombent donc à pic pour convaincre des investisseurs. C’est clairement l’une des startups neuchâteloises à surveiller en 2027.

4. Actival : les gouttières dentaires qui soignent
Ce qu’elle fait. Spin-off du CSEM créée en 2024 et dirigée par Nikola Kalentics, Actival développe des gouttières dentaires imprimées en 3D qui intègrent des microcanaux. Ces canaux laissent circuler la salive et diffusent un fluide antibactérien et du fluor directement sur les dents. L’idée est de transformer un aligneur passif, comme ceux utilisés en orthodontie, en outil de soin bucco-dentaire. La technologie d’impression est protégée par brevet et a été mise au point avec le CSEM.
Ses distinctions. Actival a été finaliste du Prix BCN Innovation 2024, a reçu le soutien de Venture Kick, puis a remporté en juin 2026 la catégorie Medtech & Healthcare du concours >>venture>>. Elle figure dans le classement Top100 Swiss Startups 2026 et faisait partie des trois finalistes du vote du public pour le titre de nouveau venu de l’année.
Où elle en est fin 2026. L’été 2026 a apporté une subvention de 1,4 million de francs d’Innosuisse pour accélérer le développement et la mise sur le marché de ses « Active Splints ». L’entreprise vise un lancement commercial en Suisse et aux États-Unis. Hébergée à l’adresse du CSEM, rue Jaquet-Droz, elle illustre bien la nouvelle vague medtech du canton.
5. Symactiv : l’engrais qui réveille les sols
Ce qu’elle fait. Preuve que l’innovation neuchâteloise ne se limite pas aux puces et aux lasers, Symactiv s’attaque à un enjeu très terre à terre : la santé des sols agricoles. Fondée en mars 2025 et portée par Louis Becker, la société produit des granulés de fertilisation 100 % suisses qui réactivent la vie microbienne du sol. Le but est double : augmenter les rendements et restaurer la fertilité naturelle des terres, notamment leur capacité à retenir l’eau. Les premiers essais, menés dans le cadre d’un travail de master à la ZHAW, avaient montré selon l’équipe une hausse d’environ 15 % des rendements et de la rétention d’eau. L’institut de recherche FiBL accompagne les essais en champ.
Ses distinctions. Symactiv a remporté le Prix BCN Innovation 2025 et ses 150 000 francs, lors d’une cérémonie au Théâtre de l’Heure bleue, à La Chaux-de-Fonds, le 23 octobre 2025. Le jury a souligné la dimension humaine et environnementale du projet, et le fait que l’innovation peut aussi se loger hors des secteurs très technologiques.
Où elle en est fin 2026. Un an après son prix, Symactiv poursuit ses essais au champ, y compris hors du canton puisque son engrais « vivant » a aussi été testé au Tessin. Pour une startup aussi jeune, la phase actuelle consiste à valider les résultats à plus grande échelle avant une industrialisation.

6. 4K-MEMS : un spectromètre dans votre téléphone
Ce qu’elle fait. 4K-MEMS conçoit des émetteurs infrarouges sous forme de minuscules puces d’environ un millimètre. Grâce à eux, on peut miniaturiser des appareils de spectroscopie, qui identifient des matériaux ou des gaz comme le CO2 en analysant la lumière infrarouge. À terme, ce type de capteur pourrait se glisser dans un smartphone. La société fonctionne sur un modèle « fabless » : elle conçoit et brevette, la fabrication étant confiée à des partenaires.
Ses distinctions. Emmenée par le chercheur Matthias Imboden, 4K-MEMS a remporté le Prix BCN Innovation 2024. Elle a aussi rejoint Silicon Catalyst, un incubateur international spécialisé dans les semi-conducteurs.
Où elle en est fin 2026. L’équipe reste de petite taille et l’entreprise en est à l’amorçage. Elle incarne bien la force du canton dans les MEMS, ce créneau que le « Chip Act » neuchâtelois veut justement consolider.
7. Cassio-P : des lasers femtoseconde tout en verre
Ce qu’elle fait. Spin-off de l’EPFL à Neuchâtel, incorporée en janvier 2024, Cassio-P conçoit des sources laser capables de produire un milliard d’impulsions de lumière extrêmement brèves chaque seconde. Son secret est une approche « AllGlass » : les composants optiques sont positionnés et fixés dans un bloc de verre, ce qui rend les modules plus petits, plus stables et plus fiables. Ils sont destinés à être intégrés dans des machines industrielles, des équipements médicaux comme la microscopie, ou des instruments scientifiques.
Ses distinctions. Cassio-P a été deux fois finaliste du Prix BCN Innovation, en 2024 puis en 2026. Elle a bénéficié des programmes Bridge et Venture Kick et a été incubée par l’ESA BIC Switzerland, le programme de l’Agence spatiale européenne pour les startups.
Où elle en est fin 2026. La société propose un premier module à la commande et a ouvert des postes pour développer ses ventes. Deux finales du prix cantonal en trois ans montrent que le jury la suit de près.
8. MATIS : l’ADN des matériaux pour authentifier les œuvres
Ce qu’elle fait. Lauréate du Prix BCN Innovation 2022, MATIS a développé des solutions pour faciliter l’authentification des œuvres d’art. Aujourd’hui, elle propose une plateforme d’imagerie assistée par l’intelligence artificielle qui analyse « l’ADN » des matériaux, avec des applications qui vont bien au-delà du marché de l’art.
Où elle en est fin 2026. MATIS faisait partie, comme NovoViz, de la sélection Venture Leaders Technology 2026, partie en roadshow dans la Silicon Valley au printemps. Une belle illustration du chemin qu’une lauréate du prix cantonal peut parcourir en quelques années.
Et aussi : les projets qui montent
- Solar Loop : finaliste du Prix BCN Innovation 2026, ce projet ambitionne de créer la première centrale suisse de recyclage de panneaux photovoltaïques, pour récupérer leurs matériaux et les réinjecter dans l’économie circulaire.
- LightSeeds : finaliste en 2025, l’entreprise neuchâteloise propose des panneaux solaires légers et bas carbone, qui pèsent moins de 5 kg par mètre carré.
- Solarsplit : lauréate du Prix BCN Innovation 2023 avec sa plateforme dédiée à l’énergie solaire.
- MycoStrap : lauréat du Prix BCN Boost 2026, ce projet de jeunes Neuchâtelois propose une alternative 100 % biosourcée aux matériaux traditionnels d’origine animale.
Le récapitulatif en un coup d’œil
| Startup | Domaine | Origine | Distinction ou étape marquante |
|---|---|---|---|
| Hilo (Aktiia) | Santé connectée | CSEM, 2018 | Feu vert FDA (2025), plus de 119 M$ levés, lancement aux États-Unis (2026) |
| CCRAFT | Puces photoniques | CSEM, 2025 | Levée de 7,8 M$ (2026), finaliste Prix BCN 2025 |
| NovoViz | Capteurs d’imagerie | EPFL, 2024 | Prix BCN Innovation 2026, 27e du Top100 2026 |
| Actival | Medtech dentaire | CSEM, 2024 | Lauréate >>venture>> Medtech 2026, 1,4 M CHF d’Innosuisse |
| Symactiv | Agriculture | 2025 | Prix BCN Innovation 2025 |
| 4K-MEMS | Capteurs infrarouges | 2020 | Prix BCN Innovation 2024 |
| Cassio-P | Lasers | EPFL, 2024 | Finaliste Prix BCN 2024 et 2026 |
| MATIS | Imagerie et IA | Neuchâtel | Prix BCN Innovation 2022, Venture Leaders 2026 |
Le bilan fin 2026 : où en sont les startups à Neuchâtel ?
Si l’on prend un peu de recul, quatre tendances se dégagent de cette année.
La photonique est devenue la marque de fabrique du canton. NovoViz, CCRAFT, Cassio-P et 4K-MEMS travaillent toutes, d’une manière ou d’une autre, avec la lumière. Ce n’est pas un hasard : c’est le prolongement direct des compétences du CSEM et de l’EPFL en microtechnique, et la demande explose avec l’intelligence artificielle, qui a besoin de faire circuler toujours plus de données en consommant moins d’énergie.
La medtech confirme son ancrage. Avec Hilo comme locomotive et Actival dans son sillage, Neuchâtel montre qu’il sait transformer une technologie de laboratoire en dispositif médical homologué. Le passage par les autorités de santé, long et coûteux, est souvent l’étape où les startups échouent. Le succès de Hilo auprès de la FDA sert d’exemple à toute la région.
L’innovation durable prend de la place. Recyclage de panneaux solaires, modules légers, engrais biologique, matériaux biosourcés : les finalistes et lauréats récents montrent que l’énergie et l’environnement sont devenus des thèmes centraux, et que les jurys les récompensent.
Le défi, c’est le financement de la croissance. Les jeunes pousses neuchâteloises trouvent facilement des prix, des subventions et des programmes d’accompagnement pour leurs premières années. Les montants levés restent toutefois modestes pour la plupart d’entre elles, souvent de l’ordre du million de francs ou moins. Les gros tickets viennent encore en bonne partie de l’étranger, comme le montrent les investisseurs allemands présents au tour de table de CCRAFT ou le family office américain de Michael Dell chez Hilo. Le contexte économique n’aide pas non plus : face aux droits de douane américains qui pèsent sur l’industrie d’exportation, le canton a dû mettre en place un plan de soutien à son tissu industriel. Pour les startups qui visent le marché américain, comme Hilo ou Actival, c’est un paramètre de plus à gérer.
Au niveau national, le classement Top100 Swiss Startups 2026, remporté pour la deuxième année consécutive par Corintis, a montré que la moitié des dix premières places revenait à des startups de Suisse romande. Neuchâtel n’y place pas encore de champion sur le podium, mais la progression de NovoViz et la présence d’Actival montrent que le canton pèse de plus en plus dans la balance.
Comment suivre ou rejoindre l’écosystème neuchâtelois
Vous êtes curieux, vous cherchez un emploi dans une jeune entreprise ou vous avez vous-même une idée ? Voici nos tips pour vous plonger dans la scène des startups à Neuchâtel.
- Assistez à la remise du Prix BCN Innovation : chaque automne, la soirée réunit environ 300 personnes, entre entrepreneurs, chercheurs et investisseurs. C’est le meilleur moyen de prendre le pouls de l’innovation locale.
- Poussez la porte de Microcity : le pôle d’innovation organise des événements, accompagne les porteurs de projets et propose des bureaux et des espaces de coworking pour les jeunes entreprises.
- Regardez les offres d’emploi : Hilo, CCRAFT ou Cassio-P recrutent régulièrement à Neuchâtel. Travailler dans une startup est souvent la meilleure école pour lancer la sienne ensuite.
- Suivez les concours nationaux : les candidatures pour >>venture>> ouvrent en général à l’automne, et le Prix BCN Innovation reçoit ses dossiers en début d’année.
- Écoutez les médias locaux : l’émission Le Sens de l’Éco sur Canal Alpha, RTN et ArcInfo consacrent régulièrement des reportages aux finalistes et lauréats.
Questions fréquentes sur les startups à Neuchâtel
Quelle est la plus grande startup de Neuchâtel ?
À la fin de 2026, Hilo (anciennement Aktiia) est la jeune entreprise neuchâteloise qui a levé le plus de fonds, avec plus de 119 millions de dollars au total. Fondée en 2018, elle est aujourd’hui davantage une scale-up qu’une startup.
Qui a gagné le Prix BCN Innovation 2026 ?
C’est NovoViz, une startup issue de l’EPFL qui développe des capteurs d’imagerie capables de détecter chaque photon. Elle a reçu 150 000 francs le 1er octobre 2026. Les autres finalistes étaient Cassio-P et Solar Loop.
Où trouver de l’aide pour créer une startup à Neuchâtel ?
Le premier interlocuteur est Microcity, le pôle d’innovation du canton, qui propose incubation, coaching et mise en réseau. Le service de l’économie du canton (NECO) soutient également des projets, et des programmes nationaux comme Innosuisse ou Venture Kick complètent l’offre.
Et vous, connaissez-vous une startup neuchâteloise qui mériterait sa place dans cette liste ? Dites-le-nous en commentaire, on mettra l’article à jour.
Sources : Banque Cantonale Neuchâteloise (communiqués du Prix BCN Innovation 2024 à 2026 et du Prix BCN Boost 2026), Top100 Swiss Startups, Greater Geneva Bern area (GGBa), >>venture>>, Venturelab, Venture Kick, BioAlps, Axios, Évertiq, RTN, Startupticker, État de Neuchâtel (bilan NECO 2022-2025). Informations à jour au 7 novembre 2026. Photos : Unsplash (licence Unsplash), images d’illustration sans lien direct avec les entreprises citées.
